CEPRID

L’Organisation de Coopération de Shanghai soutien la Russie

samedi 20 septembre 2008 par CEPRID

Danielle Bleitrach

socio13.wordpress.com

Aujourd’hui jeudi 28 août 2008, l’Organisation de Coopération de Shanghai s’est réunie à Douchambé, la capitale du Tadjikistan. Vu le contexte international, en Caucasie mais pas seulement, le résultat de cette réunion est attendu avec intérêt. La première nouvelle qui parvient répercutée par le Figaro en ligne est effectivement importante :

“La Chine et les autres alliés asiatiques de Moscou au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ont adopté “une position unie” sur les actions de la Russie en Géorgie, s’est félicité aujourd’hui à Douchanbe le président russe Dmitri Medvedev. “Je suis sûr que la position unie des Etats membres de l’OCS aura un retentissement international et j’espère qu’elle servira de message fort à ceux qui essayent de transformer le noir en blanc et de justifier cette agression”, a-t-il déclaré en référence à l’attaque par les forces géorgiennes de la région séparatiste de l’Ossétie du Sud dans le nuit du 7 au 8 août.

L’Organisation de coopération de Shanghai réunit la Chine, la Russie et quatre des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan), c’est la plus importante organisation régionale du monde. Mais sa taille, le poids de sa population, ses intérêts économiques et stratégiques tout cela peut-il contrebalancer l’alliance atlantique et son caractère agressif ? L’Organisation de Coopération de Shanghai peut-elle devenir une réponse à l’OTAN ?

Dans un récent article (15/09/2007) deux chercheurs(1) posaient la question des développements de l’organisation de Coopération de Shanghai (OCS) après les manoeuvres conjointes du 8 au 17 août 2007, un exercice anti-terroriste “Mission de Paix-2007″ qui avait mobilisé quelques 6.500 hommes et 90 appareils issus pour la première fois de tous les pays membres, assistons nous à la naissance d’une OTAN euroasatique ?

A l’époque ils répondaient que malgré les grandes manoeuvres l’OCS était trés éloignée d’un tel objectif, il s’agissait pour les pays regroupés au sein de cette organisation de se surveiller mutuellement autant que de constituer une union défensive face aux menées nord-américaines. Pourtant et l’actualité nous y invite, partout sur la planète, les menées étasuniennes, la manière dont les etats-Unis et leurs alliés européens tentent de dynamiter les nations, la constitution de blocs régionaux pourraient bien accélérer les intégrations militaires, c’est vrai pour l’OCS, mais on voit en Amérique latine se profiler également une unité militaire défensive. Cinq faits peuvent jouer un rôle d’accélération dans la constitution des unités militaires :

1-Le Kosovo, l’autoproclamation de cet Etat mafieux, soutenu par les Etats-Unis a réussi à inquiéter un peu plus les Russes déjà prévenus par l’installation en Europe d’un projet de bouclier anti-missiles étasunien. L’Europe apparait de plus en plus vassalisée et rangée derrière l’OTAN. ce qu’a confirmé le sommet de Bucarest. Le ralliement du président français au leaderspip étasunien a également bouleversé la donneNous sommes devant une situation paradoxale qui fragilise de fait l’OTAN. Nous avons une Europe toujours plus alignée sur les Etats-Unis en parole, et dont le système de défense est totalement intégré aux dits Etats-Unis. ceux qui imaginaient une Europe contre-poids à l’impérialisme des Etats-Unis doivent déchanter, et pour une part l’attitude de résistance des Russes s’explique par le constat qu’il n’y a rien à attendre d’une telle Europe. Mais cette Europe vassalisée est également impuissante, divisée devant les conséquences de la vassalisation, en particulier peu encline à faire les frais de la politique US qui porterait volontiers le fer et le feu en Eurasie en transformant l’Europe en zone non seulement de conflit mais de conflit nucléaire. L’enjeu est tel et les périls sont si considérables que nous sommes devant un nouvel équilibre de la terreur. L’installation des missiles en Pologne ne peut que renforcer le statu quo abominable. Les Européens poussent des cris d’offraies mais demeurent paralysés devant les risques.

2- Un autre élément à prendre en compte à propos de l’OTAN est le caractère quasiment mafieux du complexe militaro-industriel qui se trouve derrière cette organisation. L’Europe est non seulement prise dans un pacte militaire dont elle risque d’être la victime mais également dans un système d’alliance avec de véritables gangsters trés dangereux. ” il semble bien que la corruption de l’OTAN ait atteint aujourd’hui, dans sa partie “armements”, “lobbies”, pays de l’est et connexion avec les USA, un degré tel qu’on peut parler d’une sorte de Mafia érigée en organisation de sécurité transatlantique.”(2) La réunion de Bucarest, a illustré ce caractère sans lequel on ne comprend pas des cas comme la présidence actuelle de la Georgie. A-t-on assez vu le symbole d’un président complètement irresponsable et aventurier qui désormais parle avec en fond le drapeau européen comme pour entraîner l’Union européenne dans ses folies guerrières. On ne comprend pas plus le rôle de Sarkozy réintégrant cette organisation si on abstrait ce retour des intérêts du complexe militaro-industriel français qui a contribué à son élection autant que probablement les Etats-Unis qui lui ont fourni également le ministre le plus atlantiste en la personne de Kouchner lié à Soros, les liens politico-financiers de ses amis avec de véritables mafias ayant souvent la double nationalité qui sont installées dans les pays qui servent de détonateurs aux crises internationales. Notons que cette imbrication entre complexe militaro-industriels, mafias installées au pouvoir, mélangeant allégrement trafic de drogue, d’arme et liens étroits avec l’alliance atlantique ne se voit pas que dans le caucase, en Amérique latine le cas d’Uribe et de la Colombie montre qu’il s’agit bien d’un modèle.

Résultat l(OTAN est décrébilisée et ce sont tous les alliés potentiels des Etats-Unis dans la Caucase comme en Asie centrale qui ont été pétrifiés par le refus de céder des Russes face au chantage des nord-américains et desEuropéens. Pendant un temps, la Russie avait négocié le statu quo en particulier avec l’intégration de l’Ukraine et de la georgie, seulement “suspendue”, elle poursuivait la politique du “gel” de la mosaïque laissée en place par l’effondrement de l’Union Soviétique.

Toute la politique de la Russie consistait à expliquer qu’il n’y aura pas de solution en Europe sans l’accord de la Russie.La provocation géorgienne a complètement changé la donne.

3- L’Iran, la demande de ce pays d’être admis comme membre de l’OCS a-t-elle des chances d’aboutir ? Il y a des rapprochement par exemple le Tadjikistan qui appartient à l’OCS et est de civilisation persophone s’est beaucoup rapproché de l’Iran. Mais il est surtout probable que la négociation du stau quo avec l’ukraine et la Georgie avait comme contrepartie lexistence du statu quo avec les mêmes espérances du côté de l’iran ; Ce qui se passe en irak, la manière dont sont attisées les guerres civiles en vue d’une attaque contre l’iran joue également un rôle. Comme joue un rôle l’échec prévisible de l’Otan en Afghannistan et la crise du Pakistan. Là encore la Russie voulait accroître son rôle en devenant un médiateur incontournable, est-ce la donne est bouleversée ? . Il est peu probable que nous assitions à des évolutions rapides mais les liens se resserrent entre pays menacés.

4- Les récents événements en Amérique latine face auxquelles apparaissent des mouvements vers une défense militaire commune, une sorte d’OTAN d’Amérique latine.Chavez a clairement apporté son soutien à la Russie dans l’affaire de l’attaque de l’Ossétie du Sud et il a invité pour une réunion “d’amitié et de travail” la flotte russe dans les eaux des caraïbes. Les Russes ont également renoué des relations amicales avec les Cubains. Quant aux relations de l’Amérique latine qui se défend elles sont au beau fixe avec la Chine dont la puissance économique et financière confère de la réalité à la politique d’établissement de relations sud-sud.

5-Mais le grand événément est incontestablement la manière dont des troubles, des émeutes ont été fomentés au Tibet avec pour objectif immediat la perturbation des jeux olympiques, le refus de considérer la Chine comme une nation comme les autres et l’aide évidente au mouvement séparatiste du Dalaï lama.De surcroit des troubles ont été également fomentés à la frontière de la Khirghizie (un des pays d’asie centrale membre de l’OCS) et de la Chine. Sur le modèle des révolutions de couleur fomentées par les ONG de Soros, en fait par la CIA, la Khirghizie a connu “la révolution des tulipes”, l’Ozbekistan et le Tadjikistan ont subi des assauts destabilisateurs semblables.(3) Voici plusieurs années que les développements de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS) appellent l’attention des observateurs occidentaux. Conduit du 8 au 17 août 2007, l’exercice anti-terroriste « Mission de Paix-2007 » a mobilisé quelque 6.500 hommes et 90 appareils issus pour la première fois de tous les pays membres. D’aucuns analysent le renforcement de l’OCS, à travers manœuvres et exercices, comme l’institutionnalisation d’une « coalition anti-hégémonique » sino-russe, vouée à se muer en une alliance militaire, alter ego eurasiatique de l’Otan, qui contrebalancerait la poussée des Etats-Unis et de l’Organisation atlantique dans le bassin de la Caspienne et en Asie centrale.

L’organisation de Coopération de Shaghai autour d’une alliance sino-soviétique

La fondation de l’Organisation de Coopération de Shanghaï et son apparente montée en puissance ont pour toile de fond le renforcement des relations entre la Russie post-soviétique et la Chine populaire, engagée par Deng Xiaoping dans une forme de « communisme de marché ». Au lendemain d’un sommet du G7 organisé à Moscou, Boris Eltsine se rend en Chine, du 24 au 26 avril 1996, pour y lancer un « partenariat stratégique » entre les deux pays. De nombreux accords sont alors signés, concernant la mise en place d’un « téléphone rouge », des transferts de technologie nucléaire, l’exploitation des ressources énergétiques, la coopération militaro-industrielle et les échanges commerciaux. La recherche de synergies en Asie centrale se traduit par la signature à Shanghaï, le 26 avril 1996, d’un traité de sécurité régionale liant aussi le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizstan ; les cinq formant ainsi le « Groupe de Shanghaï » de 1996 à 2000. Ce traité concerne les frontières communes aux cinq pays signataires (quelque 8.000 km) et constitue le socle de l’Organisation de Coopération de Shanghaï, fondée le 26 avril 2001, avec pour mission la lutte contre le terrorisme et le séparatisme. En sus des pays précédemment mentionnés, l’OCS accueille l’Ouzbékistan le jour même de sa constitution. En juillet 2005, l’Inde, le Pakistan et l’Iran ont obtenu un statut d’observateurs, à l’instar de la Mongolie l’année précédente, pays trés important mais qui refuse de rentrer dans l’OCS.

Il est peu dire que ces derniers mois, les Etats-Unis ont multiplié dans toute la zone les facteurs de déséquilibre, non seulement en Asie centrale, en Chine, mais également en iran et au pakistan. Mais l’alliance fondamentale est celle de la Russie et de la Chine, leur sens est de se protéger contre l’agressivité des Etats-Unis.

L’hostilité russe et chinoise à l’encontre des Etats-Unis lors de la crise irakienne a été l’occasion de renforcer les liens entre les deux puissances. Le 3 décembre 2002 a été signée une déclaration conjointe qui s’ouvre sur un appel au respect d’un « monde multipolaire »[4]. Depuis, la consolidation de ce duopole s’est imposée aux observateurs à travers la multiplication des faits et gestes : commune exigence d’un « monde multipolaire » et initiation d’un triangle diplomatique Moscou-Pékin-New Delhi à Vladivostok, en juin 2005, pour donner corps à cette « vision » de l’ordre international ; règlement de l’essentiel des différends frontaliers (le tracé de 97% des 4.300 km de frontières russo-chinoises est défini) ; exercices militaires conjoints et signature de nouveaux contrats d’armement[5] ; renforcement de la coopération énergétique avec l’engagement de Moscou à construire deux gazoducs à l’horizon 2011. Schématiquement, la Chine a besoin de la Russie pour moderniser son armée et satisfaire ses besoins énergétiques ; la Russie, elle, a besoin de la Chine pour ouvrir des débouchés à son économie (industrie de défense et secteur énergétique) et se maintenir dans la course technologique.

Ce tandem russo-chinois visait aussi à contrarier l’« unilatéralisme » américain. Suite aux difficultés des relations russo-américaines (durcissement de la politique intérieure russe, problématique des relations russo-ukrainiennes et russo-géorgiennes, soulèvement en Ouzbékistan) et des relations sino-américaines (loi anti-sécession du 14 mars 2005, dirigée contre Taïwan), Pékin et Moscou durcissent le ton et usent à leurs fins propres du cadre de l’OCS. Le sommet d’Astana du 5 juillet 2005 appelle les Etats-Unis à retirer leurs troupes du territoire de l’Ouzbékistan et du Kirghizstan, Etats membres de l’OCS. C’est dans ce contexte que la présence du président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors du sommet de Shanghaï, le 15 juin 2006, et la perspective d’une possible adhésion de l’Iran à l’OCS ont fait surgir le spectre d’une future alliance eurasiatique, rivale de l’Otan et vecteur politico-militaire d’un futur « siècle altaïque ». Le sommet de Bichkek du 16 août 2007 et l’exercice « Mission de Paix-2007 » ont confirmé la chose.

Pourtant il est probable que si les Etats-Unis n’avaient pas multiplié les agressions l’idée d’une alliance politico-militaire ait réellement fait son chemin, encore aujourd’hui la Chine demeure prudente(6) et elle n’a aucun envie d’être impliqué dans un conflit avec les Etats-unis. La Chine affronte des problèmes gigantesques et mène son développement avec prudence et on la compare souvent à un éléphant en équilibre sur une toile d’araignée. Oui mais voilà il vaut mieux un éléphant en équilibre sur une toile d’araignée qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine ce que paraîssent être de plus en plus les Etats-Unis et leurs alliés européens.

La Chine veut la paix et elle a pesé de tout son poids sur la Corée du nord pour que ce pays renonce au nucléaire militaire, elle n’est pas plus enthousiaste à l’idée d’un nucléaire militaire en Iran, même si elle soutient le nucléaire civil. Les autres pays ne sont pas plus bellicistes y compris les Russes et les anciennes républiques d’asie centrale, tous ces pays avaient des intérêts économiques et n’en avaient que trés peu sur le plan militaire si les Etats-Unis et les Européens ne jouaient pas la provocation systématique. Cyrille Gloaguen, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, souligne le fait économique de l’OCS : « A l’instar du Kazakhstan, les républiques d’Asie centrale voient surtout dans cette organisation l’opportunité de se désenclaver et de s’ouvrir des marchés vers la Chine, l’Inde, l’Iran et le Pakistan. De fait, l’OCS est en passe de devenir un forum dans lequel l’ensemble des pays de la région, à commencer par l’Iran, l’Inde et le Pakistan, s’efforcent de coordonner leurs politiques commerciales et énergétiques »[7].Sur le plan militaire la plupart des pays d’Asie centrale on joué l’équilibre entre les propositions nord-américaine et celle des Russes, voire de la Chine qui elle-même fidèle à sa stratégie avance plus facilement sur le plan économique que politique et encore moins militaire. Cependant l’attitude des Etats-unisnon seulement tentant de gâcher les jeux olympiques (par ONG et Français interposés), mais surtout armant l’Inde et destabilisant le Pakistan et provoquant les événéments du Tibet, l’obligent à considérer que les Etats-Unis ne veulent en aucun cas la paix.

L’échec de plus en plus prévisible de l’OTAN en Afghanistan, le risque de voir désormais s’embraser le Pakistan, autant que toutes les politiques aventureuses de destabilisation menées par les Etats-Unis et leurs alliés européens vont peut-être faire basculer l’Asie et la Russie entière dans une union politico-militaire que personne ne voulait à l’origine. Personne peut-être sauf la Russie qui a agi depuis le début pour renforcer sa position en Eurasie quand elle a compris que les etats-Unis et l’Europe menaient contre elle une véritable guerre froide, l’entourant de marches hostiles et désormais nucléaires.

Danielle Bleitrach

(1)Par Michel GUENEC* et Jean-Sylvestre MONGRENIER** Le 15/09/2007

(2)Mis en ligne le 2 avril 2008 par www.dedefensa.org - La marche vers l’Est : une stratégie neo-cons-McCain (+ Lockheed Martin) pour former une Mafia nommée OTAN

(3) L’Ouzbekistan a réagi avec brutalité aux déstabilisation de ce type. Suite à la condamnation par les Etats-Unis du massacre d’Andijan (vallée de la Ferghana) le 13 mai 2005, le président ouzbek, Islam Karimov, a mis fin à la présence militaire américaine dans son pays (base de Karshi-Khanabad).la Chine et la Russie n’ont pas encore obtenu la fermeture de la base aérienne de Manas au Kirghizstan (où sont stationnés 1.200 militaires américains depuis 2001)

[4] Signée à Moscou le 1er juillet 2005, la « Déclaration conjointe sur l’ordre international au XXIe siècle » rappelle la volonté des deux puissances de promouvoir un « ordre mondial juste et rationnel, reposant sur les principes et normes universellement reconnus du droit international », ainsi que la primauté de l’Onu.

[5] Depuis le début des années 1990, l’industrie russe fournit 85% des importations chinoises d’armement. Les contrats chinois représentent de 40 à 50% des exportations russes d’armement.

(6) Soulignons à ce propos le refus de la Chine de jumeler les structures de l’OSC et celles de l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective), autrement plus substantielle sur le plan militaire ; rappelons aussi que Pékin avait également refusé que les manœuvres militaires soient placées sous le double patronage de l’OCS et de l’OTSC.

[7] Cyrille Gloaguen, « L’Organisation de Coopération de Shanghaï », France-Alliance Atlantique, Printemps 2006.

* Docteur en Géopolitique (Paris VIII)

** Chercheur à l’Institut Français de Géopolitique (Paris VIII) et Chercheur associé à l’Institut Thomas More.


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