CEPRID

La Constitution de Correa ?

mardi 2 septembre 2008 par CEPRID

Mercredi 20 août 2008 par CEPRID

Guido Proaño

CEPRID/Opción

NON. La Constitution approuvée par l’Assemblée Constituante n’est pas de RafaelCorrea, elle appartient au peuple. Elle a été écrite au cours de plusieurs années de résistance et de lutte des peuples de l’Équateur contre les gouvernements néolibéraux, et conçue en même temps que le désir de changement se renforçait dans la conscience de milliers d’équatoriens. La Nouvelle Constitution, l’instauration de l’Assemblée Constituante et le gouvernement-même de Rafael Correa, ne peuvent s’expliquer ni être compris par eux-mêmes ; il est nécessaire de regarder en arrière pour comprendre qu’ils sont le résultat d’un processus qui couve depuis plusieurs années, dans lequel les organisations populaires et les forces de gauche ont une responsabilité directe.

L’infatigable pugnacité des peuples de l’Équateur a produit un changement dans le partenariat des forces sociales et politiques du pays : la droite et le populisme ont perdu du terrain, la social-démocratie a médiatisé son action, l’oligarchie (identifiés aujourd’hui comme conservateurs) est dans le viseur de millions d’équatoriens et reconnue comme corrompue et responsable de la crise du pays ; au contraire, un groupe politico-social – qui s’identifie à la condition de la majorité – est en train de s’étoffer, animé par des idées progressistes, démocratiques et de gauche, il maintient l’initiative politique et préfigure en trois mots le changement : la nouvelle patrie. Cette circonstance explique ce qui se passe aujourd’hui dans le pays. Le mouvement des masses a écarté les classes dominantes et a ouvert le chemin afin que Montecristi accouche de la nouvelle Constitution. Les parlementaires ont accompli le mandat populaire : défaire l’échafaudage néolibéral et elaborer une Constitution qui produise les conditions pour un changement positif et progressiste. Les difficultés ont été nombreuses, il a fallu surpasser les obstacles érigés par la droite, ainsi que les inconséquences de certains parlementaires de PAIS qui par erreur ou « conviction » ont prétendu, par exemple, introduire la municipalisation de l’éducation et de la santé, séparer la sécurité Sociale Paysanne de la structure générale du IESS, ignorer le caractère plurinational du pays ou empêcher la gratuité de l’éducation au niveau universitaire.

Nous avons, maintenant, une Constitution qui, en essence, répond au souhait du peuple ; les limites politiques que celle-ci peut avoir, reflètent les limites fondatrices et politiques du mouvement populaire qui permettent de plus avancer.

En tout cas, ce nouvel environnement exprime, justement, ce changement dans le rassemblement des forces politiques et sociales du pays. Le travail de l’Assemblée étant déjà réglé, voilà qu’arrive une nouvelle et non moins difficile bataille, celle du Référendum de 28 septembre. Gagner le Référendum avec le OUI est obligatoire pour le mouvement populaire dans son intention d’aboutir au projet politique en cours et pour fermer d’autres espaces à la bourgeoisie.

Mais même en gagnant cette lutte, le changement ne viendra pas aussi facilement. Il faudra se battre pour que les éléments progressistes de la Constitution soient accomplis ; les forces conservatrices du vieux pays qui tirent les ficelles y compris dans les hautes sphères feront tout leur possible pour empêcher que les choses changent. Et pour cette raison, il n’y a pas de place pour baisser la garde. C’est dans cette agitation que se meut la lutte des classes.

Traduction : Esteban


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