CEPRID

PROPOSITIONS POUR UNE NOUVELLE POLITIQUE INTERNATIONALE DES COMMUNISTES FRANCAIS

samedi 10 mai 2008 par CEPRID

Danielle Bleitrach CEPRID 10 - V - 2008

Comme toujours pour élaborer cette politique, il faut partir de l’analyse de la situation dans laquelle nous sommes et à partir de là que s’instaure un débat sur notre position, il s’agit donc ici d’une simple contribution. Et comme je ne suis plus membre du PCF, je suggère que nous en discutions dans ce blog, entre communistes encartés ou non , se reconnaissant ou non comme tel, mais étant concernés par le changement de société, de pouvoir, de rapports sociaux.

Dans un contexte qui est celui de la mondialisation impérialiste, comment nous situer dans le sens de la transformation, comment oeuvrer ? S’il suffit d’un levier et d’un point d’appui pour soulever le monde, le levier est la volonté de chaque peuple, de chaque classe ouvrière, de chaque force progressiste de se battre sur son terrain contre l’exploitation et l’oppression qui empoisonnent leur vie quotidienne, il faut donc agir local, construire une organisation au plus près du vécu, dans les entreprises et les quartiers populaires. mais la plupart des problèmes ont une dimension globalisée et il faut donc penser global, comprendre la nature des antagonismes et développer des solidarités à cette échelle. Qu’en est-il de l’impérialisme aujourd’hui ?

Dans un livre écrit avec trois auteurs, les Etats-Unis de mal empire, nous avions émis l’hypothèse en 2005 que les Etats-Unis étaient entrés en lutte contre leur propre déclin(1). En nous appuyant sur les termes mêmes d’un document de la CIA publié en 2004 et rappelant un document publié en 2000 qui aboutissent tous deux à la conclusion « l’influence des Etats-Unis continuera à décliner ». L’idée en est que depuis la chute de l’Union Soviétique qui devait consacrer la prééminence sans partage des Etats-Unis, l’influence des Etats-Unis sur le plan économique, militaire, donc politique ne cesse de perdre du terrain. Les faits ont conforté notre hypothèse à savoir que les Etats-Unis voient s’éroder leur suprématie militaire, ce pays qui a à lui seul une puissance équivalente au double de tous les autres pays réunis est incapable de faire régner l’ordre en Irak après l’avoir envahi, il ne lui reste plus qu’un seul instrument de domination, la maîtrise quasi-totale de l’information qui lui permet de bâtir un théâtre d’ombre sur la réalité géopolitique. Pourtant le fait est là, l’hégémonie impériale unipolaire étasunienne aura duré la décennie des années 1990 et loin d’être une ère de paix, elle aura porté le chaos. Nous sommes devant un impérialisme sénile et meurtrier.

Perte d’influence économique

Sur le plan économique, non seulement les Etats-Unis perdent du terrain face à l’Europe mais s’ils arrivent à maintenir ce continent dans une situation de vassalité politique, ils ne peuvent ignorer que l’euro présente une solution de rechange face à la baisse continue du taux de change du dollar. Dans ce cas, les Etats-Unis perdront leur privilège de battre monnaie pour la planète et de bénéficier de taux de rendement les plus élevés de leurs investissements à l’étranger, d’avoir de fait un droit prioritaire sur les ressources énergétiques, et de fait perdront nécessairement le poids politique que leur confère leur domination sur les institutions financières internationales. La crise dite des subprimes paraît bien annoncer une transition vers la fin de la suprématie du dollar, une perte de confiance qui pourrait très vite s’accélérer si les créanciers internationaux au premier rang desquels la Chine et le japon ne portaient pas à bout de bras cette monnaie pour conserver la valeur de leurs avoirs. Mais déjà les exportateurs de pétrole du golfe arabo-persique sans dénoncer officiellement leur alliance privilégiée avec les Etats-Unis diversifient leurs achats en devise et sont d’autant plus enclins à entendre les arguments du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et du président vénézuélien Hugo Chavez qui proposent de remplacer cette monnaie « sans valeur » qu’est le dollar par l’euro.

Il ne s’agit pas seulement de la chute du dollar mais également d’une perte continue de positions sur le plan économique. En 2007, la Chine les a dépassé en tant qu’exportateurs de marchandises. Selon la banque mondiale, la part des Etats-Unis dans le revenu mondial brut est passée de 31% en 2001 à 28% en 2006. On ne peut pas parler totalement d’une chute, mais incontestablement tous les indicateurs sont passés au rouge.

Parce qu’au-delà de la question de la suprématie des Etats-Unis il est évident que cette suprématie, en particulier celle du dollar, coûte de plus en plus cher à toutes les économies qui à l’instar des pays pétroliers renâclent à être payés en monnaie de singe et à devoir éponger systématiquement les montages spéculatifs, à devoir faire face à des crises de liquidité. Entretenir les Etats-Unis, leur opulence, leur mode de vie, est une luxe que la planète ne peut plus se permettre.

Perte d’influence militaire

Leur budget militaire est le double de celui de tous les autres pays réunis. Et grâce à leur maîtrise sur l’information mondiale, ils peuvent à leur gré inventer des ennemis qui mettraient en danger la stabilité et la paix mondiale. Résultat comme nous le disions (p.54) les Etats-Unis traitent le monde en « rebelle » et leurs expéditions sont de simple opérations de police, mais ni leur matériel, ni leurs hommes ne sont adaptés à cette tâche de police et ils ne peuvent plus qu’entretenir le chaos comme moyen de domination. Le récent sommet de l’OTAN à Bucarest en mars 2008 a montré que l’instrument par excellence de coalition militaire des Etats-Unis renâclait devant l’aventurisme nord-américain. Celui-ci a prétendu entraîner ses alliés européens dans une guerre contre le terrorisme qui ne peut être gagnée à coup de frappe aérienne. Mieux ou pire, il s’avère de plus en plus que les Etats-Unis sont le principal pourvoyeur en opération de terrorisme et de séparatismes contre les autres pays dont ils souhaitent abattre la puissance,.Ils déposent partout sur le modèle de l’ex-URSS, des poudrières qu’il suffit d’activer grâce à des campagnes de propagandes opportunément relayées par les droits de l’hommistes européens, hier les Balkans pour asseoir la domination de l’OTAN, aujourd’hui sur la Chine avec le Tibet, et d’une manière permanente sur les marches de l’ex-URSS, sans parler de l’Amérique latine où ils prétendent faire jouer à la Colombie le rôle déstabilisateur joué par Israël au Moyen orient. Résultat d’un côté la politique des Etats-Unis a provoqué des alliances défensives, dont le modèle est l’organisation de Coopération de Shanghai, mais partout dans le monde se créent des unions pour lutter contre le véritable danger terroriste de la planète, celui représenté par les Etats-Unis. Et l’Europe qui s’est construite dans la vassalisation économique et militaire est apparu au sommet de Bucarest tout aussi impuissante que son suzerain face à un Poutine qui est venu leur expliquer que le temps d’Eltsine et du dépeçage de l’URSS était terminé. Il n’y eut guère que le président français pour jouer les caniches d’un Bush désemparé. Les Européens espèrent dans son successeur mais il est clair qu’il s’agit d’une crise systémique, celle d’un système apte à produire des dirigeants aussi calamiteux.

La puissance médiatique ne suffit pas à empêcher l’isolement des Etats-Unis La seule puissance qui reste aux Etats-Unis est celle de leur monopole sur l’information, monopole rendu total grâce à leurs alliés européens. Nous avons affaire à un véritable système de propagande dominé par des trusts médiatiques et le poids de grands annonceurs. Comme l’a très bien montré Chomsky, il n’est même pas besoin de donner d’ordres, il suffit de créer une opinion publique fictive et sa demande d’un certain type d’information et on aboutit à un conformisme total. Rien, aucune nouvelle qui contredirait le formatage ne peut passer. La récente opération contre la Chine à propos de jeux olympiques est une magnifique illustration du pilonnage de l’information, nous sommes en pleine guerre idéologique. Dans cette partie, l’Europe et singulièrement la France sont sensés représenter la vertu, celle qui rend une guerre, une invasion juste, bref crée les prétextes à croisades. Et le PS, les partis communistes français, le PCF et les trotskistes jouent leur partition, celle de justifier l’atlantisme. Quitte à s’enfoncer toujours plus avant dans l’anticommunisme qui offre le champ libre à la droite comme on l’a vu en France et plus récemment en Italie.

Mais si l’on dépasse ce rideau de fumée médiatique, toujours à propos de la Chine, on s’aperçoit que la propagande a de moins en moins d’impact au fur et à mesure que l’on sort des limites de l’OTAN. Les faits sont têtus et le caractère catastrophique de la domination des USA sur la planète, les émeutes de la faim, le discrédit grandissant des expéditions guerrières, isolent de plus en plus l’occident.

Nous n’insisterons pas sur la résistance de l’Amérique latine, la manière dont malgré la provocation colombienne, le continent sud-américain et les Caraïbes ont refusé de se laisser diviser entre modérés et durs et ont imposé la paix en suivant Hugo Chavez. Mais nous voudrions insister sur la situation en Asie.

Deux faits doivent nous alerter, alors même que la campagne bâtait son plein contre la Chine, il y a eu d’abord l’élection présidentielle à Taiwan. Le candidat qui a gagné est celui du Kuomintang qui se prononçait pour des relations plus étroites avec la Chine et à terme le retour vers la mère patrie, Son adversaire jusque là au pouvoir multipliait les antagonismes et avait voulu prendre appui sur les événements du Tibet pour mener campagne. La population de Taiwan ne l’a pas suivi. Il y a eu également la victoire des Maoïstes au Népal. A cela il faut ajouter que l’Inde n’a pas cédé non plus.

Ces faits doivent être contextualisés. Pendant que les Etats-Unis entraînaient l’Europe et ses alliés les plus proches dans les expéditions en irak et en afghanistan, la Chine menait une politique pacifique dans le monde en créant des réseaux d’échange sud-sud. Sur ce plan là aussi dans notre livre nous avons analysé ce rôle joué par la Chine dans la création de rapports sud-sud. Nous nous sommes référés en particulier dans l’édition espagnole plus complète à un rapport de 1983 de Fidel Castro au sommet des non-alignés dans lequel il montre l’intérêt de ces rapports sud-sud pour en finir définitivement avec le néo-colonialisme.(2) Dès 1983, Fidel castro explique que la crise de l’impérialisme débouche sur une croissance poussive qui ne peut être propice au développement des pays du sud. La difficulté tient aux relations économiques et financières, voire culturelles et linguistiques toutes orientées vers les anciennes métropoles et qui empêchent les relations entre pays voisins. Il faut donc une poussée pour vaincre ces circuits colonialistes. C’est cette poussée qui est en train d’avoir lieu, et des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil sont plus ou moins en train d’aider à la constitution d’unités régionales indépendantes.

Enfin il faut analyser la transformation du capitalisme lui-même, le poids nouveau après la vague néo-libérale, de la propriété étatique. On peut parler de capitalisme d’Etat à propos de la Chine, mais l’essentiel des acteurs qui agissent sur le marché mondial sont des propriétés collectives, dominées par l’Etat et obéissant à une logique planificatrice. Qu’il y ait l’apparition d’une classe de managers à qui il conviendrait un passage au capitalisme n’est pas niable. il n’empêche que nous sommes en train d’assister sur toute la planète à une ré-appropriation des ressources essentielles énergétiques en particulier par les etats qui sous des formes diverses les disputent aux multinationales.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas partager toutes les remarques d’un analyste aussi éclairé que Samir Amin quand il dénonce l’illusion des nationalismes. Il a tout à fait raison quand il souligne le fait que la transition vers le socialisme risque fort de ne pas être immédiate, qu’il y a cependant plus que jamais la nécessité de construire un nouvel internationalisme, mais il me semble sous-estimer deux faits essentiels : le premier est que les « nationalismes » comme celui de la Chine, de l’Inde ou du Brésil jouent aussi un rôle contradictoire face à l’impérialisme en favorisant l’émergence de relations sud-sud, des possibilités encore embryonnaires mais réelles d’indépendance. Le deuxième aspect est celui des conditions de la croissance qui créent le développement de luttes pour une meilleure répartition. Déjà on assiste au développement de mouvements anti-féodaux, anti-castes à partir du Népal et en Chine il y a eu au dernier congrès la victoire d’une tendance de gauche. Plus généralement nous avons une pression des peuples qui ressurgit après l’atonie des années 1990.

Donc dans les années 1990 où le monde a cru que les Etats-Unis étaient le nouvel empire celui-ci est allé se perdre au Moyen-orient et pendant ce temps-là la Chine en a profité pour se constituer des réseaux en Amérique latine, en Afrique et surtout en Eurasie.

En asie, la Chine est devenue la tête d’un « vol d’oies sauvages » , elle a partagé sa croissance et sa prospérité sans aucune visée guerrière. En novembre 200&, Zhu Rongii alors premier ministre est venu à l’ASEAN (Association des nations du sud-est) et a proposé un accord de libre échange sans aucune prétention à domination (3). Désormais les échanges commerciaux entre la Chine et les autres pays d’Asie connaissent la plus forte croissance de la planète (4).

Propositions

Ces quelques faits ne sont pas exhaustifs, ils indiquent simplement une tendance face à laquelle nous devons nous positionner en tant que communistes et forces progressistes. D’abord nous devons avoir conscience que nous sommes devant un impérialisme en plein déclin et qui en devient toujours plus dangereux, il porte guerre, pillage, misère et y compris en occident il crée les conditions d’une dégradation continue pour la majorité des populations. Donc il ne s’agit pas d’être contre les Etats-Unis mais bien contre un système dont le gouvernement des Etats-Unis sont le bras armé, lutter contre l’atlantisme et contre l’actuelle soumission de Sarkozy et de la quasi-totalité des forces politiques déclarées est une nécessité impérieuse, elle impose les contours d’un nouveau rassemblement. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer l’atlantisme du PS, de son adhésion à une Europe vassalisée mais de bien mesurer que l’extrême-gauche de la direction du PCF à celle de la LCR nous conduit vers une solution à l’italienne : c’est-à-dire la disparition de la gauche et sa mutation définitive en parti démocrate à l’américaine.

Il faut également mesurer que cette voie est très consciemment choisie pour maintenir l’impérialisme colonialiste et néo-colonialiste d’abord européen puis américano-européen sur le reste de la planète, pour exploiter les populations dans les pays occidentaux. Il s’agit d’empêcher en Europe comme aux Etats-Unis l’existence de toute force politique alternative. Et ce type de « démocratie » au fur et à mesure que monteront les luttes externes comme internes va être conduite à montrer son vraie visage, celui d’un fascisme qui d’abord s’exerce sur les populations étrangères et va de plus en plus s’attaquer à tous ceux qui protestent dans les pays occidentaux eux-mêmes. Le vrai visage du bipartisme sera celui d’un nouveau fascisme.

Nous devons donc prendre conscience que nos luttes ici doivent être aussi pensée dans ce contexte impérialiste et que nous devons apprendre de nouvelles relations internationales, un nouvel ordre international, en finir avec tous les colonialismes y compris celui qui nous transforme en donneurs de leçons à toute la planète. Le parti communiste prépare son 34 e congrès, pour donner un exemple concret de ce que je veux dire dans la transformation des mentalités : non seulement il faut recréer un parti apte à favoriser l’intervention populaire, en partant de la base la plus exploitée mais il faut dans le même temps changer la vision du monde, contribuer à reconstruire un grand mouvement de la paix, à reprendre notre place dans toutes les initiatives des partis communistes. Ce renforcement de nos relations avec les partis communistes a un rôle central mais ne doit pas être concurrent au contraire de notre investissement dans le mouvement altermondialiste, en effet ce dernier va de plus en plus devenir le siège d’intenses débats en vue d’orienter les actions dans un monde en évolution, et où se pose la question de la défense de l’humanité.

Pour retrouver toute notre place dans l’arène internationale, il faut que nous dégagions notre politique propre en fonction des intérêts des couches populaires françaises, de notre indépendance nationale, et d’un ordre international plus juste et respectueux des souverainetés. Donc il faut rompre là aussi avec la politique internationale du PS qui accepte la vassalité aux Etats-Unis par le biais de l’Europe mais aussi du Moyen orient avec Israël. La subordination à la politique étrangère des Etats-Unis est aussi caractéristique de la LCR et d’autres courants trotskistes. Si l’on peut espérer à terme la réunion des courants communistes, cette position pro-atlantiste de fait, le ni-ni qui revient de fait à soutenir l’aventurisme étasunien, la haine de Cuba et de la Chine, l’adhésion aux pires errances du droit d’ingérence et plus récemment le soutien de la LCR aux menées d’u robert ménard, autant que le jeu concurrentiel et de division au plan de la nation de cette organisation nous interdisent actuellement tout rapprochement. Mais il faut aussi revoir notre propre vision colonialiste de l’ordre international. Par exemple nous dire que pour juger si la Chine a raison ou non de défendre sa souveraineté nous n’avons pas à nous interroger sur le fait qu’elle est socialiste ou capitaliste. Nous devons en matière de relations internationales œuvrer pour le respect de la souveraineté de chaque pays tant sur le plan économique, politique et culturel, dans le respect de la Charte des nations Unis.

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(1) Danielle Bleitrach, Viktor dedaj, Maxime Vivas Les Etats-Unis de mal empire, ces leçons de résistance qui nous viennent du sud, Aden, 2005, Bruxelles.

(2) Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj, Maxime Vivas,Estados Unidos o el imperio del mal en peor. Traduccion Aurora Fibla Madrigal, Editorial José marti, 2006, la habana p.84,85,86,87,88,89,90 las relaciones Sur-sur

(3) L’ASEAN a été au départ fondée par les Etats-Unis comme un moyen d’encercler la Chine communiste. Le marché commun que constituera l’ASEAN sera de 1,7 milliards d’individus avec un PIB combiné de 1500 milliards de dollars.

(4) Dans les années 1990 le commerce chinois avec le Japon représentait 16 milliards de dollars, avec la Corée du Sud 3,8 milliards et avec l’inde 260 millions. En 2005, les échanges ont atteint avec le japon 21,3 milliards, avec la Corée du sud 111 milliards et avec l’Inde 20 milliards. En avril 2007, le premier ministre chinois Wen Jiabao est venu au Japon et a proposé une « relation stratégique fondée sur les bénéfices mutuels ».


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