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[Lettre type pour envoyer à l'ambassade ou au consulat espagnol de ton pays ou de ta ville]
RÉSUMÉ: Santiago Botana, membre de l'assemblée de Nodo50 (http://www.nodo50.org) depuis 1998, a été condamné à 4 ans de prison. Au moyen de cette web nous voulons rendre publique la version des faits que Santiago maintient, expliquer le contexte dans lequel se produisent les faits et analyser comme on construit une comédie de ce type. Mais, surtout, nous voulons éviter l' entrée en prison de Santiago. Ce pourquoi nous lançons une campagne de collecte de signatures d'appui au recours en grâce déjà présenté. Le 17 novembre 1995, Santiago Botana a été hospitalisé à cause d' une explosion produite dans son domicile, à la suite de laquelle il a souffert des blessures graves. Il a été un mois et demi (les dix premiers jours en coma) dans la Section de Brûlés de l'Hôpital La Paz et deux semaines dans l'infirmerie de la prison de Carabanchel avant sa mise en liberté sous caution de 3 000 euros. Santiago a été le seul lésé par l'explosion. L'origine de l'explosion a été la fabrication de feux de Bengale faits à la maison pour son usage en speléologie, un sport que Santiago fait depuis 1987. Mais l'événement est devenu rapidement l' objet des principaux journaux de diffusion nationale. Selon la version de ces derniers (élaborée à partir des sources policières) tout était clair comme le jour: vu l' approche du 20 novembre (date à laquelle il y avait convoqué plusieurs actes antifascistes et des commémorations de groupes fascistes) et la condition de "militant d'ultragauche" de Santiago, il s'agissait évidement d' un événement organisé par "des groupes marginaux d'extrême gauche". La pression faite par les mass media et une série de 'preuves' inventées ou manipulées ont donné lieu au jugement sans appel de 4 ans de prison.
Le 17 novembre 1995, Santiago a été hospitalisé à cause d' une explosion produite dans son domicile de Madrid. À cause de l' explosion il a souffert l' amputation de quelques falanges dans une main, plusieurs blessures, la perforation de tympans et de brûlures dans 15% de son corps. Il a été un mois et demi (les dix premiers jours en coma) dans un hôpital et deux semaines dans l'infirmerie de la prison avant sa mise en liberté sous caution de 3 000 euros. Santi a été le seul lésé par l'explosion.
L'événement a été rapidement répandu par les principaux journaux de diffusion nationale. Selon la version de ces derniers tout était clair comme le jour: vu l' approche du 20 novembre et la condition de "militant d'ultragauche" de Santiago Botana, il s'agissait évidement d' un événement organisé par "des groupes marginaux d'extrême gauche" consacrés "à la préparation de matériaux explosifs pour les utiliser pendant la manifestation antifasciste".
Le contexte où se sont produits les faits
Pendant l'année 1995 il y eu une augmentation des agressions de bandes d'extrême droite. Par conséquent, avec l' approche du 20 novembre, l' atmosphère devenait de plus en plus exaltée. Cette année on attendait une attaque contre la manifestation antifasciste et contre le quartier de Lavapies à Madrid. Méme dans un rapport policier fourni par un député d'IU (parti espagnol de gauche) on suggérait cette possibilité. Finalement, le 19 novembre 1995 il y a eu à Madrid, comme chaque année, la manifestation antifasciste en réponse à la déja habituelle célébration du décès de Franco, commémorée avec des manifestations convoquées par des sympathisants et des partisans du régime. La manifestation antifasciste a été convoquée par beaucoup de groupes, comme par exemple Solidaridad Obrera (syndicat dans lequel militait Santiago). Ni les attaques au quartier de Lavapiés, ni les confrontations dans la manifestation se sont produites, mais par contre il y a eu des agressions perpetrées par des groupes de nazis qui "ont fait la chasse à l' homme" pendant tout ce week-end. La presse a donné pour acquis en toute hâte la relation entre l'accident de Santiago et les actes antifascistes: étant donné la caracterisation de Santi comme "jeune d'ultragauche" ou "anarchiste", la version officielle a établi un lien entre l'accident et les activités propres de "bandes armées". Dès le début (environ quatre heures après l'explosion, heure de fermeture de l'édition des journaux, et encore moins de temps dans le cas de la télévision), la version soutenue par la presse maintient que Santiago préparait une bombe dans l'intention de l'utiliser contre les actes organiséés par des fascistes pendant le week-end. Toutes les nouvelles ont été élaborés avec de l' information fournie par de sources policières, c'est-à-dire, les sources attachées. Il est évident que quatre heures aprés les faits, li ênquete ne pouvait pas être si devéloppée comme pour arriver à une telle conclusion. Donc, nous pouvons trouver ici les premières indices qui démonstrent qu'on a constuit la version officielle en omettant les preuves . De plus, on ne trouvera jamais ces preuves, comme nous expliquerons par la suite. Santiago commence son militantisme politique à l'age de 15 ans. D'abord il assiste aux manifestations pour son propre compte. Ensuite, quand il a 17 ans il s'engage à KLESA, un groupe juvénile anarchiste/autonome qui donnera lieu à 'la Asamblea de Okupas de Madrid' (Assemblée de squatters de Madrid) en 1987. Santiago prend part à ces actions, qui ont lieu pendant 1987 et 1988. En 1988 l'Assemblée se dissout donnant lieu à plusieurs groupes avec des domaines d'activité plus spécifiques : prisons, contrainformación, antifascisme, féminisme, solidarité internationale, etc.. Le militantisme simultané dans plusieurs groupes d' activité est habituelle, Santiago ne sera pas une exception, il prend part fondamentalement aux travaux de contrainformación (dans l'agence UPA), d'antifascisme (dans le 'Colectivo Autónomo Antifascista' -'Groupe Autonome Antifascista') et d'antimilitarisme (dans le groupe 'Los Invisibles'- 'Ce qui sont Invisibles'). Santiago a aussi collaboré avec le mouvement d'insoumission au service militaire, c' est pourquoi il a été condamné en février 1992 à 2 ans et à 4 mois de prison. Santiago n'a pas accompli cette peine, c'est pourquoi il a été cherché par la police pendant 3 an et demi. Santiago voyage au Salvador en 1993, quand ce pays était immergé dans son propre processus de paix. Aussi, il prend part au ' Proyecto Cultural el Sur' (Projet Culturel le Sud), propulsé par des militants du FMLN, pour développer des activités culturelles dans les Communautés campagnardes. Pour financer ce projet on ouvre un établissement en San Salvador en qualité de point de rencontre, avec une barre, un video-forum, des activités musicales et théâtrales et des expositions. Santiago travaille là-bas comme cuisinier. En 1994 le projet est abandonné à cause de problèmes de financement qu'il entraînait depuis son origine. Santiago retourne à Madrid.
Les mass media
Ensuite nous allons réviser brièvement les communiqués de presse que nous ajoutons dans ce dossier, et dans lesquels on peut voir largement le traitement fait par la presse sur cette histoire. Quelques heures après les faits, la presse a lancé sa version de l'événement entourée de questions et de conclusions hâtives, par exemple on suggérait que Santiago était lié à des organisations de caractère terroriste, vu sa condition de "militant d'extrême gauche". Il faut rémarquer aussi les suivants éléments:
- sources : en jettant un coup d'oeil sur les communiqués de presse nous pouvons vérifier que les sources employées par les journalistes pour créer les nouvelles ne sont ni particulièrement équilibrées ni pluriels. La proportion est généralement de 9/14 pour les Forces de Sécurité et la Délégation du Gouvernement. L'espace consacré à expliquer la version mantenue par Santiago est d'un paragraphe, publié 41 jours après les faits, face aux premières pages que les jounaux ont dédiées à la version policière.
- caractérisation de Santiago : nous citons ici quelques adjectifs employés par la presse pour définir Santiago et les autres personnes impliquées dans cette affaire. D' abord, on constate que la présomption d' innocence est omise: le ton de la terminologie journalistique est tranchant et coïncident dans le but de délimiter le contexte idéologique-politique dans lequelle ont eu lieu les événements :
- adjectifs : dans les articles on parle toujours de "jeune radical", "jeune de gauche radicale", "d'extrême gauche", "antifasciste", "anarchiste", "ultragauchiste". Curieusement l'affiliation idéologique de Santi accomplit un rôle fondamental dans la définition de sa personne: il s' agit d'un suspect radical. D'autre part, seulement à deux occasions, et déjà dans le texte, on ajoute les déclarations des voisins, dans lesquelles on parle de "gens normaux, charmants", fait qui est utilisé pour marquer le contraste avec ce que les journalistes présentent comme la véritable identité de Santiago.
- antécédents : dans plusieurs des articles on mentionne, comme une circonstance aggravante, le fait que la police était à la recherche de Santiago au moment de son ârret. Seulement à deux occasions on spécifie les motifs de cela : son refus d'accomplir le service militaire obligatoire en Espagne à cette date. Il ne s'avère pas difficile de constater qu' on a introduit ces éléments dans le discours avec l'intention de produire une tension in crescendo pour justifier la version officielle.
- militantisme : nous distinguons ici entre le militantisme prouvé qu' on lui a attribué ("ils étaient des squatters", des "militants de Solidaridad Obrera"), et le "militantisme suggéré" et jamais prouvée, c' est-à dire les allusions à l' "appui extérieur", et les mentions expresses faites par la presse sur le possible lien de Santiago à l 'ETA, le GRAPO ou Jarrai. En fait, les nouvelles sur le cas de Santiago se touvent dans les mêmes pages que celles-ci qui font allusion aux troubles d'extrême droite ou qui font des références à Jarrai, ce qui donne à comprendre qu'il s'agit de matières semblables.
- fouille domiciliaire : la presse nous communique aussi qu' on avait trouvait d' autocollants et de la"publicité contre les Forces de Sécurité de l'État" ou "contre la Garde Civile", dans les pièces pendant la fouille domiciliaire. On mentionne aussi la présence d'une ikurriña, drapeau officiel du Pays basque, dans l' une de pièces et d' un póster du groupe de musique basque Negu Gorriak. Il est évident l'intention accusatoire de la presse, qui renforce la version officielle, et le dédain par la présomption d'innocence. En fait, nous nous trouvons avec une série d'éléments qui n'ont pas de poids réel dans le jugement, mais qui produisent une charge émotionnelle clef dans l'opinion publique, en créant une "alarme sociale" et en effectuant un processus en parallèle.
Version propre des faits
Santiago fait le spéléologie depuis 1987. En 1995, un speléologue lui explique l' utilisation de feux de Bengale, tant industriels comme de fabrication faite à la maison, comme méthode alternative d'illumination. L'utilisation de feux de Bengale n'est pas très habituelle dans le spéléologie, mais on les utilise pour l'illumination et la photographie de grandes salles ou de puits, où l'utilisation de proyecteurs ou de flashes serait très coûteuse. Le speleologue lui a expliqué aussi la procédure pour fabriquer les feux de Bengale à la maison. Quelque temps aprés Santiago fait un essai et fabrique à la maison quelques feux de Bengale pour les utiliser pendant le week-end du 18-19 novembre 1995, donc il achète des substances qui sont de vente libre dans des magasins de produits chimiques. Pendant l'élaboration de feux de Bengale à la maison, étant donné son manque d' expérience, Santiago commet un erreur: une explosion d'intensité moyenne survennue dans ses mains, lui provoque des blessures graves et la perte de la connaissance. Les dommages matériels ont été faibles (des vitres cassés, un mur déterioré). Vu que l'escalier du bâtiment est très étroite, le personnel sanitaire decide d'évacuer Santiago par la fenêtre, dans un chariot d' hôpital ligoté à une grue des pompiers. C' est pourquoi il a fallu casser une partie de la façade. La presse attribuerait ces dommages à l'explosion, en donnant à comprendre qu'elle a été beaucoup plus puissant . Santiago a été transféré à l'hôpital. Là-bas il restera 42 jours, sous surveillance policière. Pendant son hospitalisation Santiago fait usage de son droit pour éviter de faire une déposition.
Son état lui empêche de faire une déposition devant le juge antiterroriste jusqu'au 27 décembre. À cette date-là le juge enregistre une déposition dans la chambre de l'hôpital. Santiago nie toutes les accusations. Le lendemain il est transféré à l'infirmerie de la prison de Carabanchel. Là-bas il restera 15 jours. Quand le juge arrive à la conclusion qu'il n'y a pas eu d'infraction de terrorisme, ni de bande armée, il décide la mise en liberté de Santiago sous caution de 3 000 euros. En plus, le juge enlève les charges aux autres trois arrêtées et transmet le fait juridique à une cour d'instruction ordinaire. Le ministère public accuse Santiago du délit de détention d'explosifs, en demandant 5 années de prison pour lui. Le ministére public attribue à Santiago des faits qui n'ont été jamais prouvé : la fabrication des artefacts explosifs pour attaquer les manifestations fascistes de ce week-end.
Pour renforcer cette idée, le ministère public et la police utilisent des préuves supposées qui, en fait ne prouvent rien: un póster d'appui à l'insoumission au service militaire (qualifié de "póster subversif"), une affiche d'appui à l'EZLN (qualifié d'"affiche d'idéologie révolutionnaire"), une ikurriña et une affiche du groupe musical Negu Gorriak (pour établir "un lien entre Santiago et les groupes du milieu de l' ETA"). Des outils et des pièces de rechange de motos (pièces, noix, vis) -les trois habitants de la maison travaillaient en qualité de messagers, donc chacun avait sa propre moto- et une bourse avec du sable pour les chats se transforment en "mitraille pour les bombes". C'est pareil avec les restes d'une lanterne et d'un chercheur (outil de travail des messagers), qui se transforment en "matériel électrique et électronique pour la fabrication de bombes". Même le voyage de Santiago au Salvador en 1993 avait été effectué pour "suivre des cours en fabrication d'explosifs". Le jugement a eu lieu en février de l'année 2001.
Pendant son développement, le ministère public a insisté sur la liaison de Santiago avec des groupes "radicaux et/ou armés". Vu que les preuves en ce qui concerne ce sujet étaient encore inexistants, le ministère a insisté à nouveau sur l' existence à la maison d' une ikurriña ("avoir une ikurriña à Madrid c'est une provocation pour les agents de police qui ont fouillé la maison"), sur les affiches écrites en euskera (" je ne comprends pas ce qu'ils disent mais je peux l' imaginer") et sur un supposé lien Grapo-squatters).
C' est tout comme les agents de police qui ont témoigné dans cette histoire. Par exemple l' un deux, un expert en explosifs, a apporté 'une donnée qui n'etait pas mentionné dans l'instruction: pendant la fouille on avait trouvé une boîte d'émail d'ongles servant à la fabrication des bombes incendiaires. Quand l´expert expliquait les types de mélanges explosifs que pouvaient être effectués avec les ingrédients trouvés dans la maison, il faisait toujours référence à une présumé origine d'Amérique centrale ou du Salvador des formules. Un expert en explosifs, appelé par le ministère public, a déclaré aussi que les produits chimiques concernés pouvaient avoir d'autres usages outre la fabrication d'explosifs mais que 'dans ce cas il était clair comme le jour le but de son usage pour la fabrication d' explosifs'. Évidemment, ledit expert n'a pas apporté aucune préuve concrète à ce sujet, seulement sa conviction que l'accusé ne pouvait pas se consacrer à d' autre chose. Dans le jugement (quatre anns de prison par détention d'explosifs) nous trouvons à nouveau l' existence d' éléments avec une valeur probatoire nulle: il est supposé que l'intention de Santiago était d'utiliser les produits chimiques, les noix et les vis dans les manifestations prévues pendant le week-end, mais on ne nous explique pas comme le tribunal arrive à cette conclusion. D' après le Tribunal Suprême, on conçoit le délit de détention d'explosifs comme l'ensemble de deux élements: la détention de substances ou appareils explosifs et l'intention d'endommager la "sécurité publique" (bien juridique protegé). Par conséquent, dans ce cas, le ministère public avait besoin non seulement de prouver la détention des substances (Santiago n'a jamais nié ce fait) mais aussi l'intention de Santiago de les utiliser contre la "sécurité publique". À notre avis il n'y a aucun élément qui prouve que Santiago avait ladite intention, mais il est évident que le tribunal a été influencé par la caractérisation systématique que le ministère public a fait de Santiago ('un militant de la gauche radicale') et par le traitement que la presse a fait du cas. Entre les faits prouvés on établit que Santiago manipulait un artefact qui incluait un système initiateur formé par une pile et une ampoule de lanterne.
Pendant le jugement, un expert a déclaré que ce qui démontrait que la pile n'était pas gardée dans un tiroir et qu' elle faisait partie d'une bombe étaient "les dommages qu' elle presentait". Ces dommages indiquaient selon l'agent de police que la pile était en contact avec l'explosif.
Cependant, dans les preuves contenues dans l' instruction, on peut voir cette pile photographiée et on apprécie qu'elle conserve son enveloppe plastique originale et qu' elle ne présente pas de dommages. Par contre, l'ampoule n' apparaît pas dans l' instruction, cependant dans la maison il y avait plusieurs lanternes d'usage courant en spéléologie.
Des arguments pour la remise de la peine
- un processus judiciaire irrégulier : en feuilletant le paragraphe précédent, il ne s'avère pas difficile de comprendre qu' il y a eu un processus qui convient de cataloguer, au moins, d'irrégulier. Par conséquent, il faut faire quelques remarques. Santiago maintient son innocence; cela on peut le contaster dans l'histoire qui a soutenu pendant tout le processus et que nous avons ajouté auparavant. Les rapports faits par les experts à propos de la cause de l'explosion ont été exclusivement remis aux experts de la police. Ces rapports devraient au moins, vu leur manque de rigueur, nous faire douter du but qu'ils poursuivent : ils ne veulent pas découvrir le véritable origine de l'explosion, bien au contraire ils renforcent la version policière pour justifier la peine. C' est pareil avec les principaux témoins de l'accusation, qui sont tous de policiers spécialistes dans la "lutte antiterroriste". Est ce que le déroulement des faits auraient été les mêmes si la victime de l'explosion avait été une personne avec un passé "politiquement correct" ?. Il faut se demander si, dans ce cas, le processus aurait eu un final différent.
Le passé et le présent : nous n' allons pas te raconter ici que Santiago est une personne "réinsérée dans la société". Il ne l'est pas parce qu'il n' a jamais cessé de l'être. Santiago est, tout simplement, une personne insérée. Tu peux le verifier en jetant un coup d' oeil sur le résumé de son histoire que nous ajoutons ici. Ce commentaire entrâine quelques conséquences.
D' abord il faut se demander sur la fonction de la condamnation dans des sociétés comme les nôtres. Parce que si nous parlons de réinsertion, cette phrase est absurde. Et si nous parlons de punition, il n'a pas de sens parce que les faits n'ont pas arrivé de la façon prétendue par le tribunal. Mais il faut penser aussi aux conséquences concrètes derivées de l'accomplissement de la peine et de l'entrée en prison de Santiago. Les répercussions personnelles (il s'agit de la vie d'un homme âgé de 32 anns, auquel on communique son entrée en prison sept années après les faits par lesquels il a été jugé, qui a une vie normale, un travail, une copine, des amis... Il y a aussi les conséquences au niveau professionnel. La tâche professionnelle de Santiago en Nodo50, où il travaille depuis 1998, a une répercussion sociale de toute évidence. En ce sens, nous ne parlons pas exclusivement d'une "vie normale". Lorsqu' on a une "vie normale", dans un sens, on vit au rythme qui marque la télévision et on n'essaye pas de changer l'ordre social injuste, on ne prend pas même conscience de choses qu' il faut améliorer. Mais dans ce cas, Santiago a une vie socialement productive, il travaille dans un projet indépendant et auto-géré, qui fournit des services d'Internet à plus de 600 groupes et associations ; il contribue à la diffusion de la pensée critique, il socialise des connaissances et des ressources. Et, si tu connais Nodo50, demande-toi ce qu'il peut arriver avec le projet si Santiago, son principal technicien, est obligé d' entrer en prison.
Il faut se demander aussi quelles sont lesconséquences morales qui se derivent de l'exécution de la peine. Si le processus judiciaire n'a pas été
développé avec toutes les garanties, la condamnation et l' entrée en prison de Santiago pourraient perpétueé l'impunité de de ceux qui faussent systématiquement des preuves et qui lancent des accusations indémontrables. Il y aurait, une fois de plus, une injustice.
Tradutrice: cancan /isabel@poesiasalvaje.com
Lettre type pour envoyer à l'ambassade ou au consulat espagnol de ton pays ou de ta ville.
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